Glossaire

Glossaire du traitement de l'eau

Les termes essentiels du traitement de l'eau des bâtiments expliqués par nos techniciens, sans jargon inutile.

En bref

Ce glossaire rassemble les termes courants du traitement de l'eau des bâtiments : paramètres d'analyse, équipements, traitements et phénomènes. Chaque définition relie le terme à un problème concret et, quand utile, renvoie vers la page qui l'approfondit.

Adoucisseur
Appareil qui réduit la dureté de l'eau via une résine échangeuse d'ions. L'adoucisseur retient le calcium et le magnésium, produisant une eau doucette. Une régénération périodique (passage d'une solution salée) régénère la résine. Utilisé pour l'eau chaude sanitaire, la chaufferie ou l'eau froide d'une cuisine. Voir Remplacement et installation d'adoucisseurs.
Alcalinité (TAC)
Concentration en bicarbonates et carbonates dissous dans l'eau. Mesurée en °f français ou mg/L, elle indique la capacité de l'eau à résister à l'acidification (pouvoir tampon). Un TAC faible rend l'eau instable, susceptible à la corrosion ; un TAC élevé favorise le tartre. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Lire une analyse.
Anticalcaire sans sel (Aquabion)
Système qui modifie la cristallisation du calcaire sans retirer le calcium de l'eau. Contrairement à l'adoucisseur, il ne crée pas d'eau douce mais empêche le tartre de s'accumuler. Avantage : pas de régénération, pas de sel, pas de déchets. Limite : efficacité sur eaux très dures et eau froide incertaine.
Anode (de protection)
Élément en magnésium ou en zinc placé dans un ballon d'eau chaude pour se corroder à la place du ballon lui-même. L'anode « sacrifie » sa matière et prolonge la vie du ballon. Un suivi régulier et une vidange annuelle du ballon permettent de contrôler son état.
Appoint d'eau
Ajout automatique ou manuel d'eau douce à un circuit fermé de chauffage ou d'eau glacée pour compenser les fuites. Un appoint fréquent dilue le traitement et dérive les paramètres analytiques. Voir Conditionnement des installations.
Bac à saumure
Réservoir d'une adoucisseur contenant l'eau salée (saumure) qui régénère la résine échangeuse d'ions. Doit être vidangé régulièrement pour éliminer les impuretés et prévenir le développement bactérien.
Bactéries sulfato-réductrices (BSR)
Microbes anaérobies qui se développent en l'absence d'oxygène, notamment dans les boues de corrosion des circuits fermés. Elles produisent de l'acide sulfhydrique (odeur d'œuf pourri) et accélèrent la corrosion des métaux. Détectées par analyse microbiologique réalisée par un laboratoire du groupe.
Biocide
Produit chimique qui tue les microbes (bactéries, algues, champignons). Utilisé en traitement choc d'un réseau infecté pour éliminer rapidement la contamination. Moins courant en traitement continu car la chloration régulière des ECS suffit généralement. Voir Désinfection des réseaux.
Biofilm
Couche protectrice visqueuse formée par des microbes adhérés aux parois. Le biofilm isole les bactéries des produits désinfectants et crée des zones d'eau stagnante à l'abri des traitements. Éliminé par un traitement choc puissant et une augmentation thermique (pour l'ECS). Voir Désinfection des réseaux d'eau.
Bras mort
Tronçon de canalisation en cul-de-sac qui n'est pas en boucle continue. L'eau stagne dans le bras mort, favorisant le dépôt de tartre, la corrosion et la prolifération bactérienne (légionelles). Doit être supprimé ou bouclé (fluidification). Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Eau chaude sanitaire.
By-pass
Tuyauterie dérivée qui contourne un équipement (adoucisseur, filtre, poste de dosage). Permet de l'isoler pour maintenance ou de régler son débit sans arrêter le circuit principal. Sur un adoucisseur, le by-pass peut aussi servir à obtenir de l'eau partiellement adoucie si le dimensionnement ne suffit pas.
Carnet sanitaire
Document obligatoire pour les installations d'eau chaude sanitaire collective. Recense les contrôles, analyses, entretiens et interventions de traitement, avec dates et résultats. Doit être produit en cas de contrôle réglementaire. Hydreau Services accompagne la mise en place de carnets numériques datable et archivés.
Chloration
Injection régulée de chlore (hypochlorite de sodium ou hypochlorite de calcium) dans une eau chaude sanitaire pour maintenir un résiduel désinfectant. La norme exige un résiduel minimum. La chloration doit être continue et automatisée via un poste de dosage. Voir Postes de dosage.
Circuit fermé
Installation isolée du réseau public d'eau potable, où l'eau circule indéfiniment (chauffage, eau glacée). Contrairement à l'eau potable, elle n'a pas besoin d'être stérile mais doit être stable et non corrosive. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Circuits fermés.
Clapet d'injection
Pièce du poste de dosage qui contrôle l'arrivée du produit dans la ligne d'eau. Peut se colmater (tartre, corrosion) et arrêter le dosage sans alarme. Inspectée et remplacée lors de la maintenance trimestrielle.
Compteur à impulsion
Dispositif qui mesure le volume d'eau consommée et envoie des impulsions à un automate ou un analyser en ligne. Permet de piloter un poste de dosage (injection proportionnelle au débit) ou de suivre la consommation d'un réseau. Voir Matériel de traitement de l'eau.
Conductivité
Mesure de la concentration globale en sels dissous et ions minéraux dans l'eau, exprimée en µS/cm. Indique le « poids » minéral de l'eau. Une conductivité qui monte signale une concentration du traitement ou un appoint insuffisant ; elle qui baisse signale une dilution. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Lire une analyse.
Corrosion
Attaque chimique ou électrochimique des métaux par l'eau. Produit de l'oxyde de fer (rouille) qui colore l'eau, réduit l'épaisseur des tuyauteries et finit par créer des fuites. Accélérée par un pH bas, l'oxygène dissous, la présence de métaux différents (galvanisme). Prévenue par l'inhibiteur de corrosion. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Les cinq désordres.
Crépine d'aspiration
Filtre fin (50 microns) placé à l'entrée d'aspiration d'une pompe doseuse, qui retient les débris du bac et protège la pompe. Peut se colmater ; remplacée lors de la maintenance régulière.
Désembouage
Traitement curatif qui injecte un dispersant chimique puissant dans un circuit fermé encrassé, puis effectue un rinçage pour évacuer les boues. Restaure le débit et le rendement thermique. Complété généralement par un suivi analytique et un contrat de prévention. Voir Désembouage des réseaux de chauffage.
Désinfection
Traitement qui élimine ou réduit drastiquement les microbes (bactéries, virus) d'une eau. Peut être chimique (chlore, biocide) ou physique (UV, chauffage). Voir Désinfection des réseaux d'eau et Stérilisation UV.
Détartrage
Traitement qui dissout et évacue le tartre accumé sur les parois du ballon, de l'échangeur ou des tuyauteries. Peut être mécanique (gratage) ou chimique (circulation d'acide détartrant dilué). Restaure le volume utile et le rendement thermique. Voir Détartrage des échangeurs.
Disconnecteur
Dispositif de sécurité qui crée une interruption physique et pneumatique pour empêcher un retour d'eau (reflux) vers le réseau public. Le contrôle annuel obligatoire est défini par la norme NF EN 12729. Voir Contrôle, réparation et pose de disconnecteurs.
Dispersant
Produit chimique qui maintient les particules fines (boues, tartre en poudre) en suspension, empêche leur redéposition et facilite l'évacuation par filtration. Utilisé en continu dans les circuits fermés pour prévenir l'embouage et en traitement choc lors d'un désembouage. Voir Conditionnement des installations.
Dureté (TH)
Concentration en calcium et magnésium dissous, exprimée en degrés français (°f). Une eau dure génère du tartre rapidement ; une eau douce peut être corrosive. Mesurée au diagnostic et contrôlée via un adoucisseur ou un anticalcaire. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Lire une analyse.
Eau chaude sanitaire (ECS)
Eau destinée à la consommation humaine, chauffée et distribuée (douches, robinetterie). Présente des risques de légionelle et de tartre. Nécessite une maîtrise thermique stricte, un ballon bien entretenu et un suivi analytique régulier. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Eau chaude sanitaire.
Eau glacée
Eau circulant dans un circuit fermé de refroidissement, maintenue à l'état froid. Sujet à l'embouage et à la corrosion des métaux multi-matériaux. Protégée par un inhibiteur de corrosion et un dispersant, complétée par une filtration. Voir Conditionnement des installations.
Eau osmosée
Eau produite par osmose inverse, quasi déminéralisée. Utilisée dans les laboratoires, la restauration, certains process. Exempte de minéraux, de tartre et de polluants chimiques. Nécessite une maintenance régulière de la membrane et une préfiltration soignée. Voir Osmoseurs professionnels.
Échangeur à plaques
Appareil où deux fluides (ex : eau chaude et eau froide) circulent de part et d'autre de plaques minces, échangeant la chaleur sans se mélanger. Sensible au tartre et à l'embouage qui réduisent son efficacité. Voir Détartrage des échangeurs.
Embouage
Accumulation de boues (oxyde de fer, tartre, débris) dans les circuits fermés, particulièrement en bas des radiateurs. Réduit le débit et l'échange thermique. Cause classique : corrosion non traitée, absence de filtration, appoint fréquent. Traité par désembouage suivi d'un suivi préventif. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Les cinq désordres.
Filtre à poches
Filtre contenant des poches filtrantes remplaçables (typiquement 50 microns). Utilisé sur eau froide ou chauffage pour retenir les débris. Facile à entretenir, haute capacité. Voir Filtration des réseaux d'eau.
Filtre magnétique
Filtre équipé de barreaux magnétiques qui captent les particules ferreuses (oxyde de fer). Excellent complément du traitement chimique, retient les boues générées par la corrosion sans créer de perte de charge importante. Voir Filtration des réseaux d'eau.
Fer (teneur en)
Présence d'ions ferriques ou ferreux en solution, mesurée en mg/L. Signature de la corrosion des aciers. Peut donner une couleur rouille à l'eau et être source de taches sur la robinetterie. Contrôlée par l'inhibiteur de corrosion et la filtration magnétique. Mesurée par analyse physico-chimique.
Inhibiteur de corrosion
Produit chimique qui crée une couche protectrice microscopique sur les métaux, ralentit la corrosion et le dégagement d'hydrogène. Injecté en continu via un poste de dosage sur les circuits fermés (chauffage, eau glacée). Voir Conditionnement des installations.
Légionelle (Legionella pneumophila)
Bactérie qui prolifère en eau tiède et provoque la légionellose, une pneumopathie atypique sévère. Colonise les biofilms et les bras morts des circuits d'eau chaude sanitaire. Éliminée par chloration continue ou traitement choc. Suivi obligatoire par analyse réalisée par un laboratoire du groupe. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Eau chaude sanitaire.
Magnétite
Oxyde de fer noir (Fe3O4) qui se forme lors de la corrosion des aciers. Constitue les boues noires typiques d'un circuit fermé encrassé. Captée par les filtres magnétiques. Voir Désembouage des réseaux de chauffage.
Matières en suspension (MES)
Particules fines (sable, rouille, débris, tartre en poudre) en suspension dans l'eau. Mesuré en mg/L par une analyse spécialisée. Révèle l'embouage et l'usure du réseau. Cible de la filtration et du dispersant. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Lire une analyse.
Membrane d'osmose
Pièce semi-perméable en polyamide qui filtre l'eau lors de l'osmose inverse, laissant passer l'eau pure et retenant les minéraux, polluants et sels. Se colmate progressivement ; doit être remplacée selon le débit et la qualité de l'eau brute. Voir Osmoseurs professionnels.
Osmose inverse
Procédé de filtration sous pression qui produit une eau quasi déminéralisée en forçant l'eau à traverser une membrane semi-perméable. Élimine tartre, minéraux et polluants chimiques. Utilisée pour eau de laboratoire, restauration, chaufferies modernes. Voir Osmoseurs professionnels.
pH
Mesure d'acidité (pH < 7) ou d'alcalinité (pH > 7) sur une échelle 0-14. Un pH trop bas (acide) accélère la corrosion ; un pH trop élevé (alcalin) favorise le tartre. L'eau doit être stable autour d'une valeur optimale. Contrôlée par l'inhibiteur et l'analyse régulière. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Lire une analyse.
Pompe doseuse
Appareil qui injecte précisément un produit chimique (inhibiteur, dispersant, chlore) dans une canalisation. Peut être à débit fixe ou proportionnel au débit mesurée par un compteur à impulsion. Élément central d'un poste de dosage. Voir Postes de dosage.
Poste de dosage
Installation complète (pompe doseuse, bac, clapets, capteurs, régulation) qui injecte automatiquement un produit de traitement dans un circuit. Peut être fixe (achat) ou loué à court terme. Voir Postes de dosage.
REDOX (potentiel redox)
Mesure du potentiel d'oxydoréduction de l'eau, exprimée en mV. Indique la tendance de l'eau à oxyder ou réduire les métaux. Un REDOX élevé (eau oxydante) accélère la corrosion. Peut être piloté via une sonde REDOX et une régulation automatique. Voir Postes de dosage.
Régénération (adoucisseur)
Processus qui recharge la résine échangeuse d'ions d'un adoucisseur en la rinçant avec une solution salée (saumure). Restaure sa capacité d'échange après une utilisation. Effectuée automatiquement selon un programme volumétrique ou chronométrique. Voir Remplacement et installation d'adoucisseurs.
Résine échangeuse d'ions
Matériau granulaire (perles plastiques poreux) qui capture le calcium et le magnésium de l'eau. Contient des millions de billes dans un adoucisseur. S'use progressivement (chlore, fer, âge) et doit être regénérée ou remplacée. Voir Remplacement et installation d'adoucisseurs.
Retour d'eau (reflux)
Phénomène où l'eau de votre installation revient vers le réseau public d'eau potable, le contaminant. Causé par une dépression ou une surpression du système. Prévenu par un disconnecteur obligatoirement contrôlé annuellement. Voir Contrôle, réparation et pose de disconnecteurs.
Stérilisation UV
Procédé qui expose l'eau à des rayons ultraviolets qui détruisent l'ADN des bactéries et virus, sans ajouter de produit chimique. La lampe doit être renouvelée annuellement. Ne crée pas de résiduel protecteur après passage. Voir Stérilisation de l'eau par ultraviolets.
Suivi analytique
Analyses régulières réalisées par un laboratoire du groupe pour mesurer les paramètres de l'eau (pH, dureté, fer, légionelle, etc.). Permet de détecter une dérive avant qu'elle ne crée un problème grave. Voir Suivi analytique de vos installations.
Tartre
Dépôt blanc ou beige de carbonate de calcium qui s'accumule sur les surfaces chaudes. Réduit le débit, isole thermiquement et augmente la consommation d'énergie. Formé quand l'eau est dure et chauffée. Prévenu par adoucissement ; traité par détartrage. Voir Guide complet du traitement de l'eau, section Les cinq désordres.
Traitement choc (ou traitement ponctuel)
Injection d'une forte dose de produit (biocide, dispersant, désinfectant) pour résoudre rapidement une situation d'urgence (légionelle détectée, embouage massif, contamination). À la différence du traitement continu, c'est curatif, pas préventif. Suivi généralement d'une analyse de contrôle.

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